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Le Sénégal au salon IFTM Top Résa 2025 : dynamisme, networking et tourisme durable

Du 23 au 25 septembre 2025, le salon IFTM Top Résa à Paris a de nouveau servi de vitrine internationale pour le tourisme mondial. Le Sénégal y a marqué sa présence grâce à un stand collectif mis à disposition par l’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT), qui a permis aux professionnels sénégalais d’exposer la diversité de leurs offres et de renforcer leurs réseaux.

Un stand fédérateur pour les acteurs sénégalais

Agences de voyages, hôteliers, DMC et opérateurs se sont retrouvés autour d’un espace commun, symbole du dynamisme et de la solidarité du secteur.

Pour beaucoup, cette plateforme est une occasion unique de rencontrer des partenaires internationaux, mais aussi de tisser des liens plus forts entre professionnels sénégalais.

Comme le souligne Awa Sow, CEO de CTA Incentive & Events, « ce salon est non seulement un moment privilégié pour rencontrer nos partenaires et prospects, mais aussi pour renforcer la cohésion entre acteurs du tourisme sénégalais. Il est dommage que de tels échanges aient lieu principalement à Paris, alors que nous manquons de cadres de concertation formels au niveau national ».

Le tourisme durable au cœur des discussions

Cette édition a mis l’accent sur le tourisme durable, un enjeu devenu incontournable.
Panels, rencontres et échanges ont permis de partager de bonnes pratiques et de tracer les lignes d’un tourisme plus responsable.

Pour Abou Ba, directeur général de Contact Voyages Sénégal, il est temps d’accélérer cette transition : « Le tourisme de demain se construit aujourd’hui. Le Sénégal a tous les atouts pour être un acteur majeur, à condition d’intégrer pleinement les principes du développement durable. »

Un levier pour la visibilité et la croissance

La participation des entreprises sénégalaises a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives commerciales. Cacahuet Travel, représenté par son directeur général Aristide Sambou, a ainsi pu renforcer sa collaboration avec ses partenaires existants et identifier de nouveaux marchés.

L’agence note également un engouement croissant des visiteurs professionnels, particulièrement intéressés par les structures à taille humaine adaptées à des besoins spécifiques.

De son côté, Ibrahima Sarr, promoteur du Groupe IBS Invest (Ecolodge Palmarin & King Baobab Lodge), a profité de ce rendez-vous pour lancer un nouveau produit et multiplier les rencontres stratégiques.

Une première participation prometteuse

Pour Youssouf Diallo, directeur général de Africa For Tourism, ce premier Top Résa fut une étape décisive : « Le stand du Sénégal, magnifiquement décoré, a attiré l’attention des professionnels comme du grand public. Les échanges menés ouvrent des perspectives prometteuses pour le développement du tourisme à la carte, des groupes et du MICE. »

Un rendez-vous à inscrire durablement dans l’agenda

Au-delà des retombées commerciales immédiates, la participation au salon IFTM Top Résa constitue une étape essentielle pour inscrire le Sénégal sur la carte mondiale des destinations touristiques.

Chaque édition renforce la visibilité du pays et affirme sa volonté de bâtir un tourisme plus résilient, innovant et durable.

ASPTI

Dr Adama N’diaye « la fête traditionnelle du Roi d’Oussouye, un véritable levier de promotion touristique »

Dr Adama Ndiaye, directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT), a exprimé mardi sa volonté de faire du « Humeubeul », la fête traditionnelle du Roi d’Oussouye, un véritable levier de promotion touristique.
À travers un accompagnement structuré, l’ASPT entend valoriser ce patrimoine culturel unique pour renforcer l’attractivité de la région et inscrire Oussouye sur la carte des destinations culturelles majeures du Sénégal.
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Promotion touristique: Forum Invest, une vitrine stratégique

À quelques jours du Forum Invest prévu en octobre, le Directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt), Adama Ndiaye, dévoile les ambitions et priorités du Sénégal à l’horizon 2029. Objectif assumé : hisser le pays au rang de destination phare du continent et attirer cinq millions de visiteurs dès 2025.

Les 7 et 8 octobre, le Sénégal accueillera le Forum Invest. Un rendez-vous international qui, selon le Directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt), constitue une opportunité inédite pour valoriser la destination Sénégal et séduire à la fois touristes, investisseurs et acteurs du secteur. « Cet événement offrira au Sénégal une visibilité médiatique exceptionnelle, notamment sur le segment Mice (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions). Dakar et Diamniadio seront sous le feu des projecteurs, et les retombées se feront sentir directement dans l’hôtellerie, la restauration et le transport », explique Adama Ndiaye.

Environ 8.000 participants sont attendus. Leur séjour dans les hôtels de Dakar, Diamniadio et même Saly devrait générer un impact économique immédiat. Mais l’Aspt regarde plus loin : parmi ces visiteurs, certains pourraient devenir de futurs investisseurs, séduits par les atouts du pays et prêts à s’engager dans le développement de l’hôtellerie, du tourisme ou encore des loisirs. Les atouts majeurs du Sénégal Pour convaincre, le Sénégal dispose d’arguments solides. Adama Ndiaye met en avant : une stabilité politique et sécuritaire rare sur le continent, un environnement des affaires compétitif, en amélioration constante, une accessibilité aérienne privilégiée : 5 heures depuis l’Europe, 8 heures depuis les États-Unis. À cela s’ajoutent une position géostratégique au carrefour de l’Europe, des Amériques et de l’Asie, un littoral de 718 km dont plus de 450 km de plages adaptées au tourisme balnéaire, un patrimoine naturel et historique exceptionnel, avec 7 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

Sans compter une offre culturelle et artistique riche, soutenue par des infrastructures modernes comme le Grand Théâtre, la Dakar Arena ou le Stade Abdoulaye Wade, ainsi qu’une offre hôtelière diversifiée, appuyée par des infrastructures numériques performantes. « Le Sénégal n’a rien à envier aux grandes destinations touristiques mondiales. Nous devons seulement mieux valoriser nos atouts et renforcer notre visibilité », insiste le Dg de l’Aspt. Si la Petite Côte, le Cap Skirring, Gorée et les îles du Saloum demeurent des pôles incontournables, d’autres régions gagnent en attractivité. Lors du Conseil des ministres du 17 septembre, le Président de la République a d’ailleurs invité à revitaliser les sites et zones touristiques.

Diversifier l’offre touristique Dans cette perspective, Adama Ndiaye cite Toubacouta et le Delta du Saloum, véritable vitrine de l’écotourisme ; Kédougou et le Sud-Est, avec le parc du Niokolo-Koba, les chutes de Dindéfelo et la richesse culturelle des peuples Bedik et Bassari ; Saint-Louis, en pleine renaissance, qui capitalise sur la réouverture de son aéroport, le développement hôtelier (chaîne Onomo), le parc ornithologique du Djoudj, la croisière Bou-El-Mogdad et un potentiel agrotouristique encore largement sous-exploité. Pour promouvoir la destination Sénégal à l’international, l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt) a bâti un plan autour de trois grands axes : le tourisme intérieur, la diversification de l’offre et le renforcement du positionnement international, précise son Directeur général.

Parmi les projets phares pour redynamiser le tourisme intérieur figure la promotion du tourisme religieux (Pptr), déjà en cours de mise en œuvre. S’y ajoute la création des Maisons du Tourisme du Sénégal (Mts), installées dans les sept pôles définis par le référentiel national. En parallèle, l’Aspt prépare pour mi-novembre le lancement de « Sénégal en 1 Clic », une plateforme digitale unique centralisant l’information touristique. Celle-ci proposera également des services de réservation, de vente en ligne et de visites virtuelles. L’Aspt mise également sur le développement d’écoparcs touristiques, la création de circuits agrotouristiques, la mise en tourisme des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026, ainsi que la promotion des hôtels médicaux spécialisés. Il y a aussi le positionnement du Sénégal sur les marchés mondiaux.

Pour ce faire, l’Aspt entend consolider les marchés traditionnels (Europe, Amérique du Nord) tout en explorant de nouveaux horizons. « Cette année, une mission a été menée en Slovénie, dans les Balkans, où quatre tour-opérateurs préparent déjà un éductour pour 2026. En Asie, une mission à Osaka a permis d’attirer l’intérêt d’agences japonaises, séduites par la culture et le cinéma d’animation sénégalais », confie Adama Ndiaye. Un pari à relever Avec une contribution annuelle de 7 % au Pib, le tourisme est déjà un pilier de l’économie nationale. Mais pour Adama Ndiaye, il faut aller plus loin : « Nous avons tout pour devenir une destination de référence, mais cela exige deux conditions : un budget de promotion plus conséquent et un portage institutionnel fort. Sans ces leviers, il sera difficile de rivaliser avec les grandes nations touristiques ».

 Par Elhadji Ibrahima THIAM

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Le Sénégal en vitrine au Salon IFTM Top Résa 2025 – Paris

Le Sénégal en vitrine au Salon IFTM Top Résa 2025 – Paris

Du 23 au 25 septembre 2025, l’Agence Sénégalaise de Promotion Touristique (ASPT), a conduit une forte délégation Sénégalaise au salon IFTM Top Résa, l’un des rendez-vous majeurs de l’industrie touristique mondiale. Cette délégation est composée de la compagnie nationale Air Sénégal, de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), de l’ANACIM, de la Direction des Transports Aériens, de LAS et du secteur touristique privé national.

Cette présence au Top Résa a permis de :

– Valoriser les atouts de la Destination Sénégal, notamment ses offres éco-responsables, sa gastronomie et sa culture, la richesse de son patrimoine naturel ainsi que la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 ;

– Renforcer la coopération avec les professionnels du secteur et échanger sur les innovations et pratiques adaptées aux nouvelles attentes des voyageurs ;

– Accroître la visibilité du Sénégal sur la scène internationale et confirmer son positionnement comme destination moderne, durable et attractive.

L’ASPT réaffirme, à travers cette participation, son engagement à promouvoir le Sénégal comme une référence touristique en Afrique et dans le monde.

#DestinationSénégal#IFTMTopResa2025#SénégalTerreDeTeranga#tourisme

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[Carnet de Voyage]Bettenty : Une île mémoire façonnée par l’Islam et l’héritage de Sandi Cissé

Berceau d’une histoire remontant à l’empire du Ghana, Bettenty porte l’empreinte indélébile de son fondateur, Sandi Cissé, et de l’Islam qui façonne encore aujourd’hui chaque ruelle et chaque horizon.

Cette enclave paisible s’aperçoit déjà depuis la côte. À la traversée pour emprunter l’île mémoire, on admire la beauté du paysage en cette douce matinée. C’est un petit paradis qui semble coupé du monde. Les bruits urbains se taisent, la nature devient berçante. Après une traversée à travers les bolongs, Bettenty se dévoile sans pudeur. Une fois débarqué, le visiteur est directement accueilli par une mer aux reflets turquoises, des coquillages et des cocotiers à perte de vue. Chaque pas est une invitation à la détente et à l’évasion. Mais, dès l’arrivée à Bettenty, ce qui retient immédiatement l’attention est les nombreuses mosquées et écoles coraniques visibles à chaque coin et recoin de l’île.

L’Islam est fortement représenté sur l’île. Ici, chaque dédale de Bettenty rappelle la religion musulmane. Les femmes voilées, la floraison d’institutions islamiques, ainsi que les nombreuses mosquées qui trônent fièrement au milieu de l’île aux coquillage ne laissent planer aucun doute. Mais cela coule de source d’après Tidiane Diouf, chef de village. « Bettenty est une île dont la population est composée que de musulmans. Nous devons cela à notre histoire. Nos aïeux se sont battus pour l’expansion de l’Islam. Ce qui fait que c’est la seule religion présente dans ce village », a-t-il expliqué. Ce dernier souligne que l’île possède trois cimetières et plusieurs mosquées, témoins de l’ancrage de Bettenty à la religion musulmane.

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Retour en images sur le panel: « Sénégal Destination Cinéma »qui a été un moment clé de la participation de l’ASPT à l’Expo Universelle Osaka.

Retour en images sur le panel: « Sénégal Destination Cinéma »qui a été un moment clé de la participation de l’ASPT à l’Expo Universelle Osaka.

Cet événement a permis de mettre en lumière la richesse et le dynamisme du secteur cinématographique sénégalais, en présentant nos talents et nos opportunités à un public international.

#ASPT#destinationsenegal#ExpoOsaka2025

#Asepex#MinistèreduCommerce#fopica

#Directiondelacinematographie#Yumeshimakana

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Le Sénégal séduit déjà à l’ouverture de la Foire Internationale de l’AGRA, édition 2025 en Slovénie !

Le Sénégal séduit déjà à l’ouverture de la Foire Internationale de l’AGRA, édition 2025 en Slovénie !

Dans le cadre de sa stratégie de diversification des marchés émetteurs et en droite ligne avec les orientations du Gouvernement du Sénégal, notamment en matière d’appui aux initiatives de la diaspora, l’ASPT participe à la 63ème édition de la Foire Internationale de l’Agriculture et de l’Alimentation (AGRA), qui se déroule du 23 au 28 août 2025 à Gornja Radgona, en Slovénie.

À travers cette présence, l’ASPT met en avant l’écotourisme, la gastronomie, le tourisme de découverte et le tourisme rural, tout en valorisant l’apport de la diaspora.

Dès la première journée, le stand du Sénégal a été honoré par la visite du Ministre de l’Agriculture de Slovénie, un signe fort de l’intérêt porté à notre pays. De nombreux visiteurs slovènes se sont également arrêtés pour s’informer sur la destination Sénégal et son offre touristique : culture, patrimoine, gastronomie locale, produits du terroir, connectivité…

Au programme des prochains jours :

– Rencontres B2B avec des tour-opérateurs des Balkans ;

– Séances de dégustation de plats et jus sénégalais ;

– Participation à un forum sur le tourisme rural et à un cocktail de réseautage entre professionnels du tourisme présents à l’AGRA 2025.

Cette participation illustre la volonté de l’ASPT de renforcer la visibilité du Sénégal, de valoriser son potentiel rural et agroécologique et de positionner la destination comme un choix durable et innovant en Europe centrale et dans les Balkans.

#Aspt#destinationsenegal#Agraslovenie2025#TourismeGastronomiqu

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Son excellence Bassirou Diomaye Faye choisit Toubacouta pour ses vacances : un signal fort pour le tourisme sénégalais

En pleine saison des pluies, le président sénégalais a troqué les destinations étrangères pour le charme du delta du Saloum. Un geste qui ravit les acteurs du secteur et met en lumière les atouts du tourisme local.

Du 8 au 13 août 2025, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a séjourné avec sa famille à l’hôtel Les Palétuviers, à Toubacouta, dans le département de Foundiougne. Installé dans la suite Baobab XL, il a opté pour une immersion totale au cœur des îles du Saloum.

Au programme : visite de champs pour suivre l’évolution des cultures pendant l’hivernage et participation à la reforestation de la mangrove, aux côtés de la gérante Karolien Pieters et du directeur Pape Fall. Ensemble, ils ont planté des palétuviers, symbole fort de préservation de l’écosystème.

La Première dame a, elle aussi, profité des paysages uniques de la région : exploration des bolons, observation depuis le nid d’oiseaux, marche pieds nus dans la boue et bain d’argile, pour une connexion totale avec la nature.

À l’issue de son escapade, le président a salué « un séjour inoubliable au cœur du delta du Saloum ». Un moment à la fois familial et symbolique, qui met en avant le potentiel touristique de Toubacouta et appelle à une valorisation accrue des destinations locales.

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Dr Adama Ndiaye : « Le Bamba Day mérite un classement à l’UNESCO »

Le directeur général de l’Agence Sénégalaise de Promotion Touristique (ASPT), Dr Adama Ndiaye, a pris part aux États-Unis à la célébration du Bamba Day, un événement qu’il qualifie « d’exceptionnel » et porteur pour le rayonnement du Sénégal à l’international.

« Ce fut une véritable découverte et mes appréciations sont très positives. Le Bamba Day est un événement unique qui mérite un classement à l’UNESCO », a-t-il déclaré.

Le patron de l’ASPT s’est engagé à accompagner cette manifestation religieuse, tant sur le plan technique que financier. « C’est désormais une obligation pour nous de soutenir cette célébration, car elle contribue à promouvoir la destination Sénégal », a-t-il insisté.

Pour Dr Ndiaye, la portée du Bamba Day dépasse la dimension spirituelle : « C’est un moment inédit qui fait rayonner notre pays et s’inscrit pleinement dans nos missions de promotion touristique. »

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« Le tourisme interne est en marche,mais il faut lever les freins » Par Dr Adama N’diaye

Le tourisme national a connu un tournant décisif depuis la pandémie de Covid-19, avec un regain d’intérêt des Sénégalais pour la découverte de leur propre territoire. Mais malgré ce dynamisme, le tourisme interne peine à décoller pleinement, freiné par des obstacles majeurs : transport, accessibilité, coût de l’offre, culture touristique encore balbutiante. Dans cet entretien, Adama Ndiaye, Directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt), revient sur les enjeux, les initiatives en cours et les leviers à actionner pour faire du tourisme un véritable moteur de développement territorial au Sénégal.

Que fait l’Aspt pour promouvoir le tourisme interne au Sénégal ?

Merci de me permettre d’aborder un point très important au- jourd’hui : la promotion du tou- risme intérieur. Il faut d’abord bien distinguer les termes : le tourisme interne concerne uniquement les nationaux qui voyagent à l’inté- rieur de leur pays. Le tourisme in- térieur, quant à lui, englobe éga- lement le tourisme récepteur, c’est-à-dire les visiteurs étrangers qui se déplacent à l’intérieur du pays. Cette distinction est essen- tielle. Le tourisme national se dé- ploie à travers les déplacements des Sénégalais dans le pays. Le tourisme intérieur, lui, englobe tous les flux — nationaux, rési- dents et visiteurs étrangers — qui circulent dans les différentes ré- gions du Sénégal. C’est ce que nous appelons aujourd’hui la ter- ritorialisation du tourisme, afin de favoriser l’impact économique dans les pôles territoriaux.

Les Sénégalais connaissent-ils vraiment leur pays ?

On entend souvent dire que « les Sénégalais ne voyagent pas », qu’ils ne connaissent pas leur propre pays. Mais cette affirmation repose rarement sur des données concrètes. C’est pourquoi, à l’Aspt, nous avons lancé une étude sur l’impact réel du tourisme national, notamment à travers la reprise des statistiques touristiques, qui n’ont pas été actualisées depuis 2019. Depuis la Covid-19, la réalité a beaucoup changé. Ce sont les Sé- négalais et les résidents qui rem- plissent les hôtels de l’intérieur, qui organisent des circuits, des sé- jours. Il y a une vraie dynamique.

Donc, selon vous la Covid a été un tournant pour le tourisme in- terne ?

Absolument. La Covid a été un déclic. Les restrictions de voyage, les risques sanitaires, les confine- ments ont poussé les Sénégalais à se tourner vers leur propre pays. Et en même temps, une classe moyenne a émergé : médecins, enseignants, chefs d’entreprise, startuppers… Ces personnes avaient l’habitude de voyager à l’étranger, mais se sont retrouvées à devoir explorer leur propre ter- ritoire. Cela a créé un engoue- ment. De fil en aiguille, le bouche- à-oreille a fonctionné. Les Sénégalais ont commencé à dé- couvrir l’ « autre Sénégal ».

Il n’empêche, on n’a pas l’im- pression que le tourisme interne est si développé que cela. Quels sont alors les obstacles à son plein essor ?

Le premier facteur bloquant, c’est le transport et l’accès aux sites. Prenons l’exemple de Kédougou

: la desserte aérienne est quasi inexistante. En voiture, c’est 10 heures de route, difficilement fai- sables sur un week-end (Vsd). Il n’y a pas de transport collectif confortable, ni d’aires de repos aménagées. La chaleur, les longues distances, l’état des routes, l’absence de services sur le trajet : tout cela décourage le voyageur. De plus, le parc auto- mobile n’est pas toujours mo- derne, ce qui augmente les risques d’accidents, de pannes, et donc les coûts. Côté avion, l’offre est très limitée : l’armée dessert Tamba ou Kédougou, mais ce

n’est pas viable pour le tourisme. C’est la même chose pour le sud du pays. La Casamance est mal desservie. Le bateau Aline Sitoé Diatta n’est pas toujours fiable. Il y a l’avion (Air Sénégal, Transair), mais les vols sont rares, et beau- coup estiment qu’ils sont trop chers. Et même après l’arrivée à Ziguinchor, il faut encore prendre la route pour atteindre d’autres points d’intérêt, parfois sur des routes dégradées. À Saint-Louis, malgré un aéroport flambant neuf, l’exploitation reste timide. Les vols ne sont pas réguliers, et la route reste difficile. Bref, le prin- cipal obstacle, c’est l’accessibilité.

Mais on ne peut pas évoquer les mêmes obstacles pour les zones touristiques classiques comme Dakar et Saly, etc…

Même dans ces zones, le transport reste un problème. Les embou- teillages sont un facteur découra- geant. Un retour de Saly à Dakar un dimanche peut facilement durer deux heures, voire plus. S’agissant de l’hébergement, cer- tains trouvent les prix élevés. Mais cette cherté s’explique en partie par le coût de l’électricité. Pour éviter de faire face aux coupures fréquentes, les hôtels doivent in- vestir dans des groupes électro- gènes ou des sources d’énergie al- ternatives.

L’accès à l’eau : Pas toujours continu. Cela entraîne des inves- tissements pour le stockage, la ges- tion de la piscine, etc. L’approvi- sionnement : beaucoup de produits ou intrants ne sont pas disponibles localement. La main- d’œuvre technique : Pour faire

fonctionner tout cela, il faut du personnel formé, ce qui engendre des coûts.

Le Sénégalais moyen consomme-t-il vraiment le pro- duit touristique ?

Pas assez. Il y a encore une sous- culture touristique : peu de consommation d’extras (restau- rant, bar, excursions). Et le revenu moyen reste faible. L’hôtelier sup- porte donc seul des coûts fixes élevés, pour une rentabilité sou- vent limitée. Il faut aussi rappeler que le tourisme ne se limite pas à l’hébergement : il y a les circuits, les animations, les excursions. Et cela demande des investissements.

Y a-t-il des initiatives en cours pour améliorer l’offre ?

Oui. À l’Aspt, nous avons signé un partenariat avec Dakar Dem Dikk pour promouvoir des cir- cuits en Vsd (vendredi-samedi-di- manche) dans des zones proches comme Saint-Louis, le delta du Saloum, Kaolack, Touba- couta…Mais pour cela, les voya- gistes locaux doivent s’organiser, retravailler les circuits, offrir des produits attractifs et abordables.

Pourquoi le Maroc est-il souvent cité comme modèle en matière de compétitivité touristique? Peut-on le comparer avec le Sé- négal ?

C’est une comparaison fréquente, mais injuste. Le Maroc a fait du tourisme une priorité nationale, avec des investissements massifs, des stratégies claires et une forte implication de l’État. Ce n’est pas encore le cas au Sénégal. Même

en Casamance, déclarée zone prioritaire, des problèmes persis- tent, notamment l’insécurité ré- siduelle.

Quelles solutions concrètes pour rendre le tourisme plus acces- sible aux Sénégalais ?

Il faut que l’État s’implique da- vantage. Puisque le tourisme a été identifié comme levier de déve- loppement, il faut une stratégie nationale de développement du tourisme intérieur ; un accompa- gnement ciblé des investissements touristiques ; des mesures incita- tives pour les promoteurs locaux

; une stratégie de branding natio- nal ambitieuse ; un benchmark des bonnes pratiques ailleurs. Pre- nons l’exemple du Rwanda. Ils ont misé sur le marketing territo- rial. Aujourd’hui, ils accueillent plus de 40 conférences interna- tionales par an, contre une dou- zaine pour le Sénégal, alors que nous avons plus d’infrastructures et de potentiel. Ce qu’il manque

? Une volonté politique ferme, une culture de consommation touristique, et une production d’offres diversifiées. Le jour où les nationaux s’approprieront le tourisme, les prix baisseront na- turellement par l’effet de la concurrence. En effet, Le Sénégal a tout le potentiel touristique né- cessaire. Il faut maintenant lever les freins structurels (transport, accessibilité, énergie, fiscalité) et stimuler la demande nationale. Le tourisme peut devenir un vé- ritable moteur de croissance en- dogène, mais cela demande une vision claire, partagée et portée au plus haut niveau.